Choucas des tours. "Agir avec intelligence et discernement"

Publié le 29.05.2018
Depuis plusieurs années, les colonies de choucas des tours connaissent une croissance exponentielle et menacent directement l'activité agricole. La Chambre d'agriculture et le Département ont décidé de réagir, pour mieux connaître l'espèce et prendre les décisions qui s'imposent.

Photo DR

Son pelage noir et sa tête grise deviennent la hantise des agriculteurs costarmoricains. Après avoir colonisé le Finistère, les choucas des tours étaient jusqu'à présent installés dans la partie ouest des Côtes d'Armor, notamment les zones légumières. Aujourd'hui, ils se déplacent vers l'est et le centre du département, avec pas mal de dégâts dans leur sillage. Dans une exploitation de Pludual, 12 000 plants de choux-fleurs et brocolis ont été perdus, occasionnant une ardoise de 6 000 €. À Penvénan, deux hectares de maïs ont été touchés. L'espèce étant protégée au niveau national et européen, aucune indemnisation n'est possible pour les agriculteurs qui en subissent les méfaits. Un des « remèdes » trouvé à ce jour a été l'effarouchement, méthode peu efficace au demeurant car elle ne fait que déplacer les colonies de choucas. Par ailleurs, un arrêté préfectoral autorise, de juin 2017 à juin 2019, le prélèvement encadré de 4 000 choucas, chiffre qui s'avère inadapté à l'ampleur des dégâts constatés.

Bien réguler l'espèce


Mais avant d'agir, encore faut-il disposer d'une bonne connaissance de la population des choucas des tours. C'est précisément l'objectif d'une étude que la Chambre d'agriculture et le Département des Côtes d'Armor ont décidé de financer et de confier à la Fédération Départementale de Groupement de Défense contre les Organismes Nuisibles (FGDON), en partenariat avec la Fédération de Chasse des Côtes d'Armor. « Il est temps d'agir avec intelligence et discernement, explique Véronique Méheust, vice-présidente du Département chargée de l'Environnement. Il faut trouver le meilleur équilibre entre la préservation de l'espèce et le respect du travail de nos agriculteurs. C'est pourquoi il s'agit bien de réguler une espèce qui a grandi de façon exponentielle ces dernières années, au détriment parfois d'autres animaux comme les chauve-souris qui ont été délogées des clochers par exemple ». D'un montant total de 9 600 €, cette étude est financée à hauteur de 6 600 € par le Département.

Une étude jusqu'à fin juin

Concrètement, des observateurs missionnés vont observer et évaluer la population des choucas des tours sur plus d'une centaine de communes du département. Les informations recueillies, sur plusieurs années, permettront de mieux connaître l'espèce et d'espérer, le cas échéant, un relèvement du quota de prélèvement.

SH

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