Retrouvez chaque jour un billet de l'incroyable odyssée de l'irréductible Guirec Soudée

Arrivée en fanfare à St Barthélémy !

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"Yes I did it !

Après 74 jours de mer et plus de 2900 milles nautiques (5 300 km) à la rame, je suis enfin arrivé ce vendredi 26 Février à St Barthélemy.

Je n’aurais pas pu rêvé mieux comme accueil, c’était tout simplement magique !

Merci aux Forces Armées antillaises d’avoir fait le déplacement de La Guadeloupe spécialement pour mon arrivée. Merci également à la SNSM, aux plaisanciers, dériveurs, kiters, planchistes, aux personnes venues à la nage ou encore en kayak, en paddle… Ainsi qu’à tout le monde venu m’accueillir sur les quais du port de Gustavia.

C’était un moment incroyable dont je me souviendrai toute ma vie. Quelles émotions après tant de semaines seul en mer. J’ai encore du mal à me remettre de cette ambiance si festive et chaleureuse dont les habitants de St Barthélémy ont le secret !

Merci à tous mes supers partenaires qui ont rendu cette expédition possible. 

Région Bretagne, Agaphone, Efisens, MGS Industries, le département Côtes d’Armor, Opinel, la commune de Plougrescant, A + international Care, Black Ginger, Voyager, Captain Jo Boat Charter, Isermat Secamat, La Paimpolaise, la fondation Good Planet, le Grand Hotel de Port Blanc, le chantier META, Coccinelle fleuriste, le domaine Joseph Drouhin, le domaine Chandon de Briailles, Chez Ty Kouign, Bretagne Huîtres, Jackie, MYG design, PPA, Manera, Guy Cotten, Respire, Livexplorer, Petzl, Soway, Kriss Laure, Itabnav, Teem  et chaque personne de mon entourage !"

guirec arrivé

Dernière nuit en mer !

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Demain soir je dors dans un vrai lit au sec et je prendrai une vraie douche, quel luxe !On ne se rend pas compte de la chance qu’on a, quand on a ça au quotidien !Je ne vois pas encore les côtes mais je m’en rapproche sérieusement, un peu trop vite même, j'ai dû laisser traîner un long bout sur l’arrière de mon bateau pour freiner la cadence sinon je suis à St Barth dans la nuit ! Avec le vent et la houle qui m'accompagnent, je n'ai même plus besoin de ramer.Hier soir je voyais de plus en plus d’ oiseaux autour de moi et je me disais même que c’était dommage qu’aucun n’ait osé se poser à bord durant ces deux mois et demi de mer.Et bien, voyez la belle surprise que j’ai eu ce matin à 6h ! Ce magnifique oiseau marin tranquillement posé et si peu craintif que j’ai pu l’approcher et lui parler.

Je lui ai souhaité la bienvenue à bord , lui précisant qu'il pouvait rester le temps qu’il voulait s’il se sentait de me faire des oeufs ;) Puis j’ai réfléchi, je me suis dit que je ne pouvais pas faire ça à Monique. Après tout ce qu’on a vécu ensemble, elle serait morte de jalousie, alors s’il vous plaît, que cette histoire reste entre nous !

Bonne soirée,

Guirec

Jour 71 : sur son 31

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Guirec cherche sa tenue d'apparat pour son arrivée prévue vendredi à 17h (heure locale présumée).

Il est allé fouiller dans son dressing, et peut compter une fois de plus sur sa garde robe de marin ;)

Allez J-3 !

Jour 69 : Que du plaisir !

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GS-P

Mon dernier Dimanche en mer !

Ce sont mes derniers jours de rame, ma traversée touche à sa fin et d'après mes calculs, je devrais arriver au port de Gustavia, à St Barth, ce vendredi 26/02 en fin de journée.

Je suis un peu nostalgique quand même...

J’ai essayé de descendre en apnée pour voir si je pouvais en trouver des plus exotiques, mais il me manque un peu de volume dans les poumons pour atteindre 6000 mètres de profondeur.

Toujours aucun poisson au bout de ma ligne non plus. Vous allez vraiment croire que je suis un piètre pêcheur. Rappelez-vous mon hivernage en autarcie dans la banquise du Groenland avec Monique

En réalité, je vous le promets, je ne suis pas si mauvais mais je dois quand-même vous avouer quelque chose : La solitude fait que je développe rapidement des sentiments envers les poissons qui me suivent.

Hier par exemple, une superbe dorade m'a tenu compagnie pendant une bonne partie de la journée. Elle jouait en surface avec mon bateau et venait régulièrement se frotter à mes avirons. Je n’ai pas pu faire autrement que de relever ma ligne, j'avais tellement peur de la blesser, après tant d’heures passées à mes côtés.

Heureusement, grâce à la meilleure conserverie de France, la Paimpolaise, j’ai les cales remplies de supers produits qui, dès la première bouchée, me renvoient directement à ma Bretagne

Kenavo,

Guirec

Jour 66, ça mouille un peu !

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guirec vagues

"Ah vous pensiez vraiment que je me la coulais douce à bronzer sur mon petit bateau ?

Détrompez-vous, j’ai souvent dû faire face a des conditions plutôt musclées depuis mon départ et il est important de savoir négocier chaque grosse vague pour éviter de se faire mal ou de se retourner !

Cela fait 3 jours maintenant que la météo est plutôt intense pour mon petit rafiot. Hier, comme vous pouvez le constater, je me suis pris une belle déferlante de travers qui a couché le bateau.

Heureusement, je suis encore à peu près jeune et véloce, je me suis donc jeté à contre-gîte, sinon je me serais retrouvé de l’autre côté !

Vous vous dites sûrement que je ne devais pas être très rassuré sur le moment, mais non, bien au contraire, j’aime ces petits suspens, cette montée d’adrénaline qui rappelle que d’un coup, tout peut chavirer au beau milieu de l’océan !!! Et là ,une fois de plus, vous vous dites qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond chez moi.

À vrai dire, en journée comme ça, ce genre de situation n’est pas très grave, surtout que je n’ai pas non plus des monstres de 15 mètres autour de moi.

En revanche, la même situation de nuit, je vous avoue que c’est beaucoup moins rigolo. En fait, tu entends juste de gros grondements arriver et tu essaies d’imaginer ce qu'il va se passer dans les secondes à venir, en espérant éviter le retournement bien sûr 🙂

Sinon, tout va très bien à bord, j’avance même plus vite que prévu, je pense arriver jeudi ou vendredi prochain si je continue comme ça.

Bientôt le retour à la civilisation ! D’un côté , je suis évidemment très content à l'idée de mettre enfin pied à terre."

Jour 64, rencontre magique

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baleine

"Le plus beau jour de mon aventure est arrivé les amis, et ce n’est pas fini !!

Vous l’aurez compris, même si la qualité de la photo n’est pas terrible, j’ai eu la visite d’une baleine 😊!

Pourtant hier, j’étais plutôt mal 'barré'. Le vent de Nord Nord Est me poussait trop vers le sud, du coup dès que je dormais un peu le bateau faisait cap sur la Martinique et non plus sur St Barth.

Vers 6h30 du matin, au lever du soleil, j’ai dû faire face au vent de travers accompagné d’une forte houle, autant vous dire que ce ne sont pas les meilleures conditions, j’étais secoué et trempé en permanence, heureusement qu'il fait chaud !

En fin de journée, je tourne le regard et là qu’est-ce que j'aperçois dans le sillage de Romane ?

J’étais fou, surexcité comme jamais. C’est exactement pour vivre ce genre d’expérience que je suis là, je peux vous dire que tous les autres petits problèmes disparaissent très vite à côté de la magie de ce spectacle !

Hier je l’ai vu à trois reprises, mais aujourd’hui elle est restée des heures, c’était féerique je la voyais arriver de loin. Elle s’amusait à surfer la houle et passer sous mon bateau à toute vitesse !

Difficile de décrire ce qu’on ressent dans de tels moments, il faut le vivre pour le comprendre !

Vive l’océan, protégeons le…"

A l'assaut des caraïbes ! et des sargasses...

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"Demain cela fera déjà 60 jours que je suis en mer ! C’était le temps que je pensais mettre pour boucler cette traversée ! Chose à ne pas faire, car c’est ça l’aventure : tu sais quand tu pars mais jamais quand tu arrives !!

Allez, plus que 800 milles ( 1400km ) d’après mes calculs, je pense pouvoir arriver le Dimanche 28 Février !

Je commence à voir mes premières sargasses, ce qui confirme que je m’approche sérieusement du but, et ça me fait plaisir

Plus je vais avancer plus je risque de me retrouver ralenti ou même stoppé net dans mes coups d'avirons !

Je savoure quand même mon approche des caraïbes , il fait d’ailleurs de plus en plus chaud, j’ai aussi la visite de pailles-en-queue, ces oiseaux marins tropicaux majestueux avec leur longue queue en panache !

Je profite à fond des superbes conditions depuis 2 jours, c’est un vrai bonheur de ramer avec cette météo, encore quelques jours avant que le vent et la houle ne se relèvent de nouveau !

J’en ai profité pour faire une petite lessive, nettoyer la coque du bateau, et me laver par la même occasion, ce n’était pas un luxe !

Comme vous pouvez le constater sur cette photo, la vie est dure.

Désolé, ce n’est pas pour vous narguer. J’ai cru entendre qu’il faisait un peu froid en France et qu’il neigeait même en Bretagne !!"

guirec ramme

Jour 56, triste constat

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Aujourd’hui je voudrais vous faire part du triste côté de mon aventure, dans cet univers merveilleux où je me trouve.
Ces dernières années j’en ai passé du temps sur les mers mais je n’avais jamais vu autant de déchets. Il est certain que je passe le plus clair de mon temps à ramer en scrutant le bleu de l'océan mais quand même !
Depuis que je suis parti des des Canaries mi décembre je suis choqué du nombre de détritus que je peux croiser sur ma route : sacs plastique, bidons, bouts, filets de pêche, bouteilles    
Regardez ce que je tiens dans la main, ma dernière trouvaille : des dizaines de mètres de bouts !!!
Honnêtement, si j’avais dû ramasser tout ce que j’avais trouvé, je n’aurais pas eu assez de place sur mon bateau ou alors j’aurais coulé !
Enfin bon, ce que je vous dis n’est pas nouveau et nous sommes tous au courant. Je sais bien que beaucoup font tout ce qu’ils peuvent à leur échelle pour contribuer au bien-être de notre planète, mais c’était quand même important pour moi de vous partager cet aspect de mon aventure, car à mon plus grand regret cela fait partie de mon quotidien en ce moment !

Sinon ici tout va bien, mes fesses aussi 🙂, j’avance toujours à une bonne vitesse ( enfin, pour mon bateau à rames !), je pense pouvoir arriver fin Février !

guirec polution

Jour 52 : C’est bon j’y suis presque !

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"Cela fait maintenant 52 jours que je suis en mer et il me reste plus que 1145 milles ( 2000km) donc ça veut dire que j’ai fait plus de la moitié, j’imagine que vous devez bien vous en rendre compte sur mon site Internet avec la position du bateau sur la carte. Ça vous paraît peut être encore beaucoup, mais pour moi c’est presque fini même si j’ai encore au moins 25 jours de mer 😅 ok bon d’accord, je ne suis pas vraiment arrivé mais je suis sur la deuxième et dernière moitié de route !

Vous vous demandez pourquoi je brandis ce citron et cet Opinel ? Tout d’abord parce qu’il faut l’avouer, un aventurier sans Opinel c’est comme un beurre sans sel ! Et aussi pour vous dire que j’ai entamé mon dernier citron, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour moi. J’ai l’habitude de diluer le jus de citron dans mon eau déssalinisée qui sans ça, est vraiment compliquée à boire. Donc en gros dans quelques jours boire ne sera même plus une partie de plaisir. Et pour couronner le tout, ce matin j’ai fini mon chocolat à tartiner, donc il est temps d’arriver 🙂!

Sinon ici tout va bien, à l’heure où je vous écris, les conditions sont un peu musclées avec un vent d’ENE de 25/30 noeuds et des bons grains violents, il y a aussi une belle houle mais elle est moins grosse qu’avant. Je suis poussé dans la bonne direction donc je ne vais pas me plaindre non plus !

J’ai une dernière confidence à vous faire, depuis quelques jours j’ai un peu mal aux fesses ! Il faut dire que je passe la majeure partie de ma journée assis depuis plus de 7 semaines. Hier, je me suis aperçu que j’avais un escarre, c’est pas très beau à voir, pas la peine de vous envoyer la photo... Mais ça devrait vite passer car je peux compter sur la trousse de secours confectionnée par Isabelle de la pharmacie trégoroise.

Voilà les nouvelles, allez je retourne au boulot 🚣‍♀️"

citron guirec

Jour 49 : une autre tortue ninja ?

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"Non, ce n’est pas une nouvelle tortue ninja ! Je vous explique : J’étais en train de ramer, concentré sur l’horizon, les conditions étaient vraiment parfaites quand je tourne la tête à droite et là, j'aperçois un objet flottant, surpris, je me mets debout pour y voir plus clair et reconnais une tortue

Elle ne bouge toujours pas. J’ai presque l’impression qu’elle est morte et il y a plein de petits poissons autour d’elle. Elle finit par m’entendre et se tourne vers moi en me répondant d’un signe de tête. La voilà qui commence à nager vers moi, je croise les doigts pour que ce ne soit pas une nouvelle tortue folle qui essaierait à son tour de me faire couler !

Trente secondes plus tard elle est juste à l’arrière du bateau. Ni une ni deux je décide de la rejoindre à l'eau histoire de discuter un peu . Étant conscient de l’existence des nouveaux variants, je n’oublie pas mon masque en toutes circonstances ! Finalement, mon amie la tortue m’a assuré qu’elle avait respecté la quarantaine avant de venir me rendre visite. Du coup on a échangé un peu sur les nouvelles et on était tous les deux d’accord… Comme quoi on est bien mieux en mer qu’à terre avec tout ce qu’il se passe en ce moment !

ps : non, elle n’est pas attachée, ceci est ma ligne de vie à la dérive."

Tortue

Jour 45, la pêche miraculeuse.

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" Bonjour les amis,

Ici c’est presque les vacances, il fait beau, il fait chaud, la mer est belle, j’ai une bonne vitesse, et comme vous pouvez le constater la pêche est miraculeuse ! Que demander de plus ?

On est vraiment pas si mal que ça au beau milieu de l’Atlantique !

La météo me récompense enfin depuis quelques jours ce qui m’a permis d'aérer le bateau et faire sécher mes affaires. Il était grand temps car même mon matelas commençait à moisir.

C’est un vrai bonheur à présent de me reposer hublot ouvert, et sentir l’air du large passer sur mon corps, j’en rêvais tellement depuis des semaines !

Parlons peu mais parlons pêche, j’ai mis une ligne à l’eau. Pour l’instant ça ne mord pas des masses, mais je reste positif, car les poissons atterrissent d’eux-mêmes à bord durant la nuit. Ils ont le chic pour me surprendre quand je rame tranquillement dans le noir, ils m’arrivent parfois en pleine tête !

Bon, il faut l’avouer, ceux-là n’ont pas la taille de me rassasier, les plus gros, quant à eux, viennent me narguer la journée en me dépassant à toute vitesse au planning, c’est un peu vexant mais je n’ai pas d’autre choix que d'encaisser. Même si je vais plus vite maintenant, je dépasse rarement les 4km/h, par contre les conditions sont tellement bonnes, c’est un vrai plaisir d’enchaîner les heures de rame, l’autre jour plus de 16 heures. Il m’arrive du coup de m’endormir à mon poste…jusqu’au prochain poisson volant ! En fait, c’est un peu comme si je traversais l’Atlantique à la nage, je suis au ras de l’eau en permanence, je ne manque pas une goutte de ce qu’il se passe en surface.

Vous l’aurez compris je suis comme un poisson dans l’eau et profite de chaque seconde à 100% !!

J’espère que tout se passe bien chez vous malgré ce fichu virus, moi qui espérais arriver de l’autre côté et ne plus jamais en entendre parler 

Restons positifs, la vie a de meilleures surprises à nous offrir. "

poisson volant guirec

Jour 42, le nettoyage !

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"Allez c’est bon on est à la moitié de la route, pas encore en milles car il en reste encore 1700 ( 3000 km ) mais en jours, ça je vous le garantis. Déjà 40 jours que je suis en mer et je ne compte pas en mettre plus de 80.

Donc c’est plutôt une très bonne nouvelle, heureusement que j’avais prévu 80 jours de nourriture au cas où. Maintenant je vais même pouvoir pêcher, hier encore, de grosses dorades coryphène sautaient pas loin du bateau, magique.

Les conditions sont juste parfaites depuis vendredi, le vent et la houle sont sacrément tombés, je suis dans l’Atlantique que je connais à cette latitude, cela me rappelle ma première traversée en 2014 avec Monique à bord de notre voilier, quel rêve !

Samedi matin vers six heures, quand je suis sorti pour donner mes premiers coups de rame, je trouvais que le bateau était très lourd à déplacer j’avais du mal à ramener les avirons jusqu’à moi, comme si j’avais une ancre amarrée sur l’arrière !

Très vite j’ai compris que la coque ne devait pas être très propre, j’ai enfilé ma combinaison Manera et j’ai plongé.

Comme vous pouvez le voir, on dirait que mon embarcation est restée dans un port sans bouger pendant des mois, je n’ai jamais eu de bateau à la coque aussi sale.

C’est fou la vitesse à laquelle ça pousse, je n’en reviens toujours pas, même les algues me rattrapent.

J’ai donc frotté à l’aide de ma spatule pendant une bonne heure.

Avant d’en avoir fini, je me suis légèrement ouvert le pouce au niveau de la phalange, rien de grave mais ça saignait un peu quand même ! Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux requins, comme celui croisé il y a quelques semaines en sortant de l'eau.

J’ai aussi des souvenirs d'Australie, à 18 ans, quand je travaillais sur les gros bateaux de pêche. Parfois les requins rappliquaient en moins d’une minute pour la moindre goutte de sang, 

Donc vous l’aurez compris, je ne me suis pas attardé sur les finitions et je suis vite remonté à bord. 

J’avais hâte de reprendre mes avirons et franchement, j’ai éclaté de joie tellement j’allais deux fois plus vite !

Maintenant je fonce plein OUEST, hier j’ai parcouru plus de 54 milles en 24h (100km) je ne m’arrête plus, je suis même en train de réfléchir à installer des foils sur le bateau ! "

plongée

Jour 38, cours d'aérodynamique

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"J’ai longtemps hésité à vous partager cette photo, de peur de faire des jaloux avec ma nouvelle coupe de cheveux, mais c’est pas grave je prends le risque.

J’espère qu’elle vous plaît autant qu’à moi ? En tout cas ici c’est très tendance, et elle est aérodynamique. Oui ! Je pense à chaque petit détail pour gagner en vitesse.

Sinon, hier, j’ai croisé les premiers poissons volants de la traversée. Ils étaient en groupe et volaient sur plusieurs dizaines de mètres avant de rebondir sur l’eau à l'infini ! C’était trop cool, et cette fois-ci Monique n’étaient pas là pour les attraper.

Leur présence me confirme que je suis sur la bonne route, celle des Alizés !

Je suis content d’avoir enfin de la compagnie, car à part la visite furtive de quelques pétrels, ces dix derniers jours, c’est plutôt calme dans le secteur, peut-être à cause de la houle.

D’ailleurs, la mer est légèrement plus calme depuis hier, même si quelques petites déferlantes s’échappent parfois, j’ai donc retiré de l’eau des ballasts, entre 150 et 200 litres. L’idée était d’alléger le bateau pour aller plus vite mais malheureusement ça n’a pas vraiment fonctionné car je n’ai fait que 38 milles hier, j’ai pourtant bien ramé, je méritais un peu plus.

Le bateau est certes plus léger mais du coup moins stable, il roule beaucoup plus, c’est logique. Je me suis posé la question de remettre un peu plus d’eau parce que certaines vagues plus grosses que d’autres étaient parfois limites…jusqu’à celle de trop bien sûr. Elle est venue s'exploser sur bâbord, j’ai eu le réflexe de me jeter sur ce bord pour éviter au bateau de se retourner, c’était moins une.

Sinon je suis toujours en train de guetter au loin le passage des bateaux du Vendée Globe, en espérant que sur les 25 restants il y en aura bien un qui voudra changer sa monture contre la mienne !

Affaire à suivre"

coupe de cheveux

Jour 36, mon sous-marin rouge

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"Salut les amis, 

Je ne vous donne pas beaucoup de nouvelles, désolé !

Je suis tellement seul ici que j’en oublie qu’il y a de la vie encore à terre. Depuis que je me suis remis à ramer, après la semaine à reculons, j’essaie de rattraper le temps perdu. Le vent d’Est souffle en continu, dans la bonne direction donc. Seul bémol, une bonne houle venant du nord crée une mer fortement croisée, qui rend la progression un peu scabreuse. En effet, ce n’est pas évident de planter les avirons simultanément quand le bateau roule constamment de droite à gauche. Mon poste de rame au ras de l’eau m’expose aux vagues et je suis mouillé en permanence, je commence donc à avoir quelques irritations mais rien de grave pour l’instant. La nuit j’essaie de dormir mais avec ce rodéo de travers, je suis projeté d’un bord à l’autre de la cabine. L’espace sur ce bateau est tellement réduit que je me cogne très souvent : épaules, coudes, tête, genoux, dos, pas de jaloux. Pour couronner le tout, l’autre jour, je faisais une petite sieste et j’avais laissé le petit hublot au-dessus de ma tête légèrement ouvert pour respirer le grand air…ça n’a pas loupé, j’ai pris un seau d’eau sur la tête. Du coup, mon lit était trempé, j’ai donc dormi sans draps, sans oreiller et sans sac de couchage pendant des jours. Le sel est vraiment partout, tout est moite, le standing laisse à désirer !

Côté vitesse, ces 11 derniers jours, j’ai parcouru 450 milles nautiques (800kms), à une allure de 1,7 nds (3km/h) soit environ 40 milles quotidiens (72 kms).

Je vois les Caraïbes se rapprocher de jour en jour et c’est plutôt bon signe ! Je pense au moment où je pourrais poser le pied à terre, marcher, et même courir…ça me manque tellement !

À part ça, la vie est belle et je suis toujours motivé comme au premier jour !"

soleil guirec

Déjà 1 mois !

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"Ça passe plutôt vite à vrai dire, même si je n’ai pas beaucoup avancé depuis mon départ. En ligne droite j’ai parcouru 550 milles (990 kms), en réel cela représente 770 milles (1380 kms). Soit une moyenne de 1 petit noeud à peine (2km/h). 

À cette vitesse là, j’en ai encore pour 85 jours de mer, mais je compte bien mettre beaucoup moins ! Quand je pense aux bateaux du Vendée Globe qui font 400 milles en 24h…non, il ne vaut mieux pas y penser, on est d’accord. Je savais qu’il ne fallait pas focaliser sur la vitesse pour cette traversée, et c’est bien pour ça que je n’ai même pas allumé mon speedomètre. 

Il est vrai que niveau météo, je ne suis pas gâté, même si je sais qu’avec du recul ce sera une très bonne expérience. Sur le moment c’est jamais évident et tu te demandes ce que tu fais là, mais quelques jours plus tard, la situation s’inverse, les conditions te font filer à bonne vitesse, l’océan rien que pour toi, un arc-en-ciel au loin…et tu reçois même la visite d’une tortue …qui essaie de te couler ! C’est là que tu mesures la chance d’être là et nulle part ailleurs. Je me concentre sur l’horizon, c’est devant que ça se passe, c’est ça l’aventure ! 

À l’heure qu’il est je fais route directe avec des vents portants et une belle houle (toujours un peu croisée donc pas évident pour ramer) mais je suis heureux et j’avance bien !

À très vite pour la suite, bon vent "

guirec arc en ciel

Jour 28, l'attaque de la TORTUE !

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Les amis vous n’allez pas me croire, j’ai failli couler à cause d’une tortue ! 

Tout d’abord je reviens sur la soirée de dimanche, 20 minutes après vous avoir assuré que tout allait bien et que le bateau était incroyablement stable… il s’est retourné ! Je suis parti au surf dans une belle vague et dans le creux le bateau s’est mis en travers et s’est retourné. Le petit hublot était resté ouvert

Et puis, hier, alors que je dégustais religieusement mes petits sablés pur beurre de chez Ty Kouign, j’entends un BOOM BOOM sur la coque. Je m’arrête de mâcher, je me concentre, bouche ouverte... plus rien. Je me dis que c’est la houle qui tape sur la coque ou la dérive…30 secondes plus tard : BOOM BOOM ! Plus fort et la coque sous mes pieds qui bouge. 

Oula ! C’est quoi ces coups de marteau ? Ce n’est pas normal et le danger est réel. Je bondis dehors…et là, le long de la coque, une grosse tortue ! Oui oui, une tortue ! Je crois rêver, je la vois repartir sous la coque. Sauf que dans les grosses vagues ( car oui la houle est encore bien formée ici ) le bateau monte et descend brusquement, en plein sur la carapace de la tortue ! Mais à quoi joue-t-elle ? Elle est folle ? Mon bateau fait une tonne et pourrait l’assommer ! Mais surtout, elle pourrait me couler ! Il faut prendre une décision, je ne vais pas lui tordre le cou quand même ? 

Ni une ni deux, je saute sur mes avirons et me met à ramer de toutes mes forces pour la semer. Mais elle revenait à la charge, l'enfer ! Et franchement, me faire rattraper par une tortue, c’est vous dire la vitesse à laquelle je vais ! 30 minutes plus tard après des surfs négociés et des litres de transpiration, j’avais enfin semé l’épouvantable tortue ! Je n’en reviens toujours pas, jamais de la vie je n’aurais pu imaginer un tel scénario. Heureusement tout s’est bien terminé, imaginez les gros titres des journaux sinon… Guirec Soudée fait naufrage, attaqué par une tortue kamikaze !

tortue

Jour 26, tout schuss vers les Antilles !

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Déjà 26 jours que j'ai quitté les Canaries, d’après mes calculs j’aurais du être à mi chemin

Après 7 jours à l’ancre flottante, enfermé le plus clair de mon temps dans le bateau, j’ai évidemment dérivé un peu dans tous les sens dont une soixantaine de kms à l’opposé de ma destination. Pour me remonter le moral je me disais que ça pouvait être bien pire, mais je me rétorquais aussitôt « oui enfin, ça pourrait quand même être beaucoup mieux ! » Bref, je me contredisais sans cesse. Vous rigolez sûrement, mais si vous restiez enfermé dans un bateau pas plus grand qu’un placard à balais, au milieu de l’océan, au bout d’un moment vous seriez bien obligé d’avoir des discussions houleuses avec vous-même.

La frustration de voir le nombre de jours de rame compliqués que j’avais effectué à contre-courant les jours précédents n’a pas arrangé le débat !

La très bonne nouvelle est que, depuis vendredi, j’ai enfin pu reprendre mes avirons ! La joie qui s’est emparé de moi quand je me suis mis à mon poste de rame est indescriptible. J’avais l’impression de retrouver ma liberté, une vraie délivrance ! Les vents portants sont revenus en force et c’est tant mieux, à présent je dévale à toute vitesse des creux de 5 à 7 mètres. C’est impressionnant, surtout dans un si petit bateau, mais il tient vraiment bien la route croyez-moi. J’ai cru plusieurs fois chavirer sur certaines vagues, et pas du tout !

La nuit par contre, l’affaire est plus dangereuse, j’entends les vagues arriver dans tous les sens mais je ne vois rien et ne peux anticiper le coup de rame. J’opte donc pour la sécurité en restant à l’intérieur, tout en assurant la veille.

Donc voilà les amis, tout est bien qui finit bien, je fais maintenant route directe sur les Caraïbes !

Jour 22 mercredi 6 janvier

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Guriec à l'approche de la tempête

"Salut les amis ici Monique et Bosco, 

On vient d’avoir Guirec au téléphone car on s’inquiétait un peu, mais comme à son habitude il a réussi à nous rassurer. Pour l’instant il a 20 à 30 noeuds de vent NNO avec 5 mètres de creux, ça déferle même sur le bateau, c’est très beau d’après lui ! Le problème est qu’il est obligé de fermer les hublots à cause des vagues alors qu’il fait une chaleur étouffante à l’intérieur, à y cuire un poulet m’a-t-il affirmé. Quelle horreur ! Heureusement qu’il a insisté pour me laisser à terre. Cette nuit les conditions vont se corser encore un peu, tout est arrimé à l’intérieur et sur le pont. Si tout se passe bien, vendredi les vents tournent dans la bonne direction…ouf ! Espérons qu’il pourra gagner en distance quotidienne, car à ce rythme là, le pauvre en aurait encore pour 4 mois de mer. Je ne vais pas pouvoir lui garder mes oeufs au chaud éternellement. Bref, il nous manque beaucoup.

Pour l’encourager j’ai lancé un concours de story instagram pour ceux qui veulent, ça s’appelle le « Rame Guirec Challenge » ! Il vous suffit de vous filmer en ramant dans le vide, seul ou en famille, et de poster cette vidéo sur votre story instagram en mentionnant @guirecsoudeeadventure, comme ça je peux la repartager sur notre compilation officielle qui restera à la une jusqu’à son arrivée ! Allons-y ! Ramons pour lui ;) "

Bosco et Monique

jour 19 : Dimanche 3 janvier

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"Chère équipage Costarmoricain, 

Je vous souhaite une très belle année 2021 ! "

Guirec, quant à lui, fête son anniversaire aujourd’hui. Ce que la nature lui a réservé comme cadeau d’anniversaire ne va pas être de tout repos, il est déjà à l’ancre flottante car le vent de face ne lui permet plus d’avancer, mais surtout l’entraîne sur le passage d’une dépression qui va le secouer les prochains jours... 

Début 2021 s’annonce compliqué dans cette partie de l’Atlantique pour notre aventurier.  Mais sachez qu’il est toujours aussi motivé et qu’il garde le sourire malgré la frustration.

Guirec banette

Jour 13 : 27 décembre

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« Salut les amis,

Le père Noël me dit « route plein Sud ! Ton cadeau est là-bas et s’appelle « Alizés », je sais que tu en rêves nuit et jour !"Depuis Vendredi, fin de journée, j’ai relevé mon ancre flottante et j’ai enfin pu me remettre à ramer. J'étais tellement content de pouvoir repartir, pourtant les conditions n’étaient franchement pas encourageantes. Maintenant mon seul but est de descendre le plus au Sud possible pour espérer un jour attraper les alizés et gagner mon ticket pour les Antilles ! Je dis « j’espère » car fin de semaine une nouvelle dépression m’arrive droit dessus. Décidément 2020 s’acharne même jusqu'ici ! Vivement 2021 ! Pour l’instant je fais des moyennes de 20 milles nautiques par jour (40km), c’est dérisoire… Il faut dire qu'avec les éléments contre soi, c’est forcément plus compliqué.

Aujourd’hui, le vent est bien tombé et la mer est magnifique, la nature m’a offert un lever de soleil grandiose, de quoi être bien motivé ! Alors je rame, je rame au maximum.Tant que j’ai à manger et à boire, pas de problème ! Si ça doit prendre 6 mois, je suis prêt ! Donc ne vous inquiétez pas pour moi, je suis en pleine forme et surtout heureux d’être là où je suis aujourd’hui. Vous connaissez mon optimisme... je ne suis pas du genre à me laisser abattre ! Alors même si les conditions auraient pu être bien plus favorables, cela ne fait que me renforcer physiquement et mentalement pour mes prochaines aventures.

Pour moi, la vie est un océan à traverser avec des obstacles à franchir pour arriver de l’autre côté. La vie n’est simple pour personne, on a tous des coups durs, des remises en question, mais le plus important est de croire en soi, continuer d’avancer et se battre quoiqu’il arrive !

Alors vive la vie et vive l’aventure !

Guirec
Décidément, il est sur tous les fronts le Père Noël ! Photo : Guirec Soudée

 

Jour 10 : 24 décembre

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Ce fut un Noël bien particulier et particulièrement mouvementé pour notre aventurier... Malmené par une météo capricieuse, Guirec a été contraint de se laisser dériver pendant 40h par vent et courant contraires à sa route présumée, qui l'ont poussé vers le Nord, 45kms en arrière.

Il s’était donc préparé à un éventuel chavirage, et cela n’a pas raté... Heureusement il était enfermé hermétiquement dans sa coque et s’est tout de suite attelé à gonfler son système d’airbag pour redresser le bateau.

Pas de quoi décourager et effrayer le téméraire navigateur, toujours prompt à retirer du positif dans chaque épreuve : " Au moins j’ai confirmation que mon bateau est 100 % étanche et peut se remettre à l’endroit" !

Guirec a même un petit message à votre attention : "Joyeux Noël à tous, j’espère que le Père Noël a été généreux avec vous. Santé, bonheur !"

Guirec
Un drôle de réveillon pour Guirec ! DR

 

Jour 8 : 22 sécembre

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" Bonjour les amis, voilà 8 jours que je suis en mer, j’ai parcouru plus de 550 kms en ligne droite, vous allez me dire que je n’avance pas, c’est un peu l’impression que j’ai ! Et pourtant, j’en donne des coups de rames. Je me plaignais qu'Yvinec n’était pas assez rapide lors de mon tour du monde, et bien je ne dirai plus jamais ça ! Niveau sommeil, j’ai du mal à trouver un vrai rythme, je rame aussi bien la journée que la nuit avec une préférence pour l’aube et le soir, quand il ne fait pas trop chaud . Je rame entre 8 et 10h par jour je pense, mais je ne regarde pas ma montre. J’essaye surtout d’écouter mon corps car la route est encore longue et on ne peut pas dire que je me sois intensivement entraîné (4 sorties de 2h avant de partir). Donc quand j’en ressens le besoin j’arrête de ramer, je mange, j’observe les environs... c’est très bleu d’ailleurs ;). 

Je lis aussi, j’écris, je rêve, je filme, je mets de la crème solaire... Je dors bien sûr, mais jamais plus de 45 minutes. Je dois assurer une veille assidue car on ne sait jamais, un cargo (comme celui-ci) peut vite arriver et ne pas me voir sur sa route, surtout avec la houle. Entre le moment où il se trouve à l’horizon et le moment où il me dépasse ou me croise, ça se compte en minutes. J’apparais normalement sur leur système AIS mais pas forcément sur leur radar, donc il faut anticiper un peu pour avoir le temps de les contacter en cas de doute. Le bateau a beau être rouge et voyant, il est surtout très bas sur l’eau. 

Aujourd’hui c’est le calme plat, je vais en profiter pour m’occuper de moi, me raser me laver, et peut-être même me couper les cheveux. J’ai remarqué en mettant la gopro sous l’eau hier qu’il y avait déjà du monde accroché sous la coque du bateau. Je vais donc frotter tout ça pour éviter que cela ne me freine encore plus. 

Sinon, niveau météo, les prochains jours s'annoncent mauvais, le vent va tourner dans tous les sens et beaucoup de face…Il est même possible que je fasse marche arrière parfois. Il faudra que je gagne du terrain à la moindre occasion pour coller à ma trajectoire SSO. Ce n'est pas de chance, logiquement en cette saison le vent est sensé être stable et régulier ! 

Mais bon, c’est ça l’aventure !!! 

Guriec Cargo

Jour 5 : 19 décembre

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En ce 5ème jour de navigation, Guirec a l’air en pleine forme et mange à sa faim. Il bénéficie depuis hier d’un vent portant, en espérant que cela dure. Malgré les 3 mètres de houle, Guirec prend plaisir à ramer et s’octroie quelques « surfs » avec son lourd bateau d’une tonne afin de s’offrir quelques sensations de vitesse qui ne seront pas le maître mot de cette expédition. Le moral est bon même si les retours d’aviron le malmènent. Il est ravi de bien se nourrir et a bon appétit. La qualité de l’alimentation est primordiale pour mener à bien cette aventure et compenser ses fortes dépenses énergétiques. 

Guirec Soudee

Jour 2 : 16 décembre

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" Déjà, un grand merci pour tous vos messages d’encouragement qu’on me transmet par e-mail et je peux vous dire que ça fait plaisir.
Cela fait 2 jours que je suis en mer j’avais qu’une envie depuis que j’ai ce bateau : commencer à ramer pour traverser de l’autre côté… tellement pressé de quitter terre que j’en avais oublié mes crèmes solaires, dentifrice, savon sur le quai et j’avais aussi oublié de donner les clés de la voiture à Alice et Pierre pour remonter le convoi jusqu'en Bretagne...
Mais bon, maintenant tout est en ordre et je suis seul en mer.

Les premières heures de navigation étaient parfaites, un bon vent portant. J’avais une bonne allure et je partais régulièrement en surf. Une fois arrivé à la pointe de l’île je me suis très vite retrouvé dans une dévente, avec une houle de travers et un courant qui ne voulaient pas me laisser partir au large !

Alors j’ai ramé, ramé ! à la nuit tombante j’ai vu un voilier me dépasser au large... il ne m'a pas vu. Il faut dire que je suis tellement bas sur l’eau.

Il doit certainement partir vers les Caraïbes lui aussi, je l’envie un peu je le reconnais.

Je crois que Monique me manque. Je pense très souvent à elle, c'est la première fois que je me retrouve seul sur l’océan sans elle. Ça me fait très bizarre. J’aurais évidemment préféré 1000 fois être avec elle mais comme je lui avais expliqué ce bateau est vraiment trop petit pour elle…d’ailleurs je n'arrête pas de me cogner. Je dois déjà avoir une dizaine de bleus.

Pas de regrets donc pour ma Momo, elle est beaucoup mieux avec ses copines pour l’instant. Sinon la bonne nouvelle est que je ne vois enfin plus l’île d’El Hierro depuis ce matin... et oui ça ne va pas très vite pour l’instant, ma vitesse moyenne n’excède pas 3 km/h... J’ai du mal à progresser car le vent et la houle viennent de travers, je savais que la première semaine n’était pas forcément des plus agréables. J’ai hâte de récupérer les alizés pour bénéficier de vents portants.Sinon tout roule, il y a quelques heures un beau requin nageait dans mon sillage, je vais attendre un peu avant de plonger. "

Jour 1 : 15 décembre

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Aujourd’hui, mardi 15 décembre, 2 ans jour pour jour après son retour de tour du monde par les pôles, c’est le jour du grand départ !

Guirec s’élance à bord de son rameur océanique pour une longue traversée de l’Atlantique à la force des bras. Au total, quelque 5000 kms à parcourir.

Guirec a quitté l’île del Hierro ce midi, une escale enrichie de belles rencontres pour un départ empli d’émotion. L’épreuve qui l’attend va lui demander une endurance à toute épreuve et un mental d’acier. Cela n’inquiète pas Guirec, qui est animé par l’excitation de se retrouver à nouveau au coeur des éléments, en pleine nature, au beau milieu de l’océan où il se sent chez lui. Se couper de la civilisation est devenu un besoin vital chez lui et on peut dire qu’il va être servi.

Pour l’anecdote, Guirec était parti avec les clés de sa voiture dans la poche…puis 3 heures plus tard l’équipe à terre a remarqué qu’il avait oublié sa protection solaire, heureusement il a pu compter sur la générosité des habitants de la Restinga pour « voguer »  à son secours et assurer la livraison à 10 milles nautiques des côtes. 

Le départ le 15 décembre de l’île del Hierro dans les Canaries

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Après son hivernage en autarcie complète dans les glaces et ses navigations extrêmes à travers le Grand Sud, l’océan Atlantique lui ouvre les bras pour une traversée de plus de 5000 kms qui va puiser dans ses réserves les plus profondes. L’effort physique le mettra au défi d’un surpassement quotidien et d’une mise à l’épreuve mentale de chaque instant. 

Au programme ? 10 heures de rame quotidiennes pour traverser l’océan Atlantique d’Est en Ouest. Départ prévu des Canaries, près des côtes africaines, pour une arrivée sous le soleil des Antilles, plus précisément à St Barthélémy. Pourquoi St Barth ? C’est sur cette petite île française qu’en 2014, Guirec et Monique, sa petite poule rousse, débarquent de leur première transat’, il y travaillera une année afin d’économiser assez d’argent pour retaper son bateau Yvinec et faire cap sur le pôle Nord. 

C’est donc tout naturellement qu’il décide aujourd’hui d’en faire son île d’arrivée de l’expédition hors du commun qui l’attend.

Cette traversée se fera en solitaire et sans aucune assistance. Elle durera environ 60 jours.

Guirec devra se restreindre au maximum niveau nourriture pour optimiser le poids de son navire, qui, au départ pèsera près d’une tonne. Tout un challenge au vu des fortes dépenses énergétiques qu’il va endurer. Pour se faire, L’entreprise VOYAGER se joint à l’aventure pour lui fournir le meilleur du lyophilisé 100% français.

S’il chavire, il devra redresser son bateau lui-même. Au-delà de l’effort musculaire, Guirec devra aussi combattre l’humidité (car son poste de rame se trouve au niveau de la surface de l’eau) le soleil et les caprices météorologiques. Sa vitesse moyenne n’excèdera guère 3 noeuds, c’est une réelle épreuve de lenteur et d’endurance qui attend Guirec sur cette expédition.

Guirec Soudée