Routes et mobilités

Déchets en bords de route : une pollution qui pourrait facilement être évitée

Publié le 24 juin 2022
Non sécurisés, les chargements peuvent causer peuvent causer de graves accidents s'ils sont perdus sur la route.
Non sécurisés, les chargements peuvent causer peuvent causer de graves accidents s'ils sont perdus sur la route.
On n’imagine pas toujours l’ampleur du phénomène. Sur les routes départementales, des agents des routes interviennent chaque jour pour évacuer des déchets ou objets jetés ou perdus par des automobilistes. Une pollution qui pourrait être facilement évitée.
Corps

Des bâches plastiques, des enjoliveurs, des morceaux de polystyrène, des encombrants en tous genres… Au centre d’exploitation des routes du Perray (Trégueux), en matière de déchets, on en voit parfois des vertes et des pas mûres ! « Un jour, j’ai vu une voiture perdre un matelas sous le nez du véhicule d’intervention, témoigne Philippe Sylvanielo, agent des routes. « Moi, c’est une palette entière de pommes que j’ai récupéré un dimanche sur la voie rapide », illustre Mickaël Geirnaert, chef d’équipe. Ici, les anecdotes sont nombreuses, mais elles ne font pas du tout sourire : « Sur 508 interventions réalisées par nos équipes en 2021*, plus de 60 % sont liées à des obstacles ou des déchets signalés sur la route, complète Stéphane Wiart, chef de l’antenne technique de Saint-Brieuc. Cela pourrait être évité car les déchets sont souvent perdus par négligence, simplement parce que les chargements ne sont pas suffisamment sécurisés.»

Une partie de l'équipe du centre d'exploitation de la route du Perray, en intervention "déchets" sur la route départementale.
Une partie de l'équipe du centre d'exploitation de la route du Perray, en intervention "déchets" sur la route départementale.

Un filet, une bâche ou des sangles, c’est essentiel !

Lors d’un déménagement, d’un départ en vacances ou d’un passage à la déchetterie, un seul message donc : fiabiliser ses chargements ! « Utiliser un filet, une bâche ou des sangles adaptées, c’est essentiel, rappelle Stéphane Wiart. Et plus encore lorsque l’on emprunte les grands axes. » En effet, les 2x2 voies concentrent une partie du problème, notamment aux abords des déchetteries. « Avec la vitesse, les chargements sont plus sensibles à la prise au vent. Il y a d’autant plus de risques que des objets ne s’envolent. » Les professionnels, artisans ou transporteurs, sont tout aussi concernés. « On retrouve sur la route d’incroyables quantités de bidons, d’échelles, de brouettes, de chaussures de sécurité qui s’échappent des fourgons-bennes », témoigne Thierry Troadec, chef de l’antenne technique de Lannion. « Si les bennes des camions de transport sont mal bâchées ou trop chargées, forcément on retrouve des déchets sur les bords de route », complète  Mickaël Geirnaert.

Dépôt sauvage d'ordures sur une aire de pique-nique.
Dépôt sauvage d'ordures sur une aire de pique-nique.

Des enjeux cruciaux

D’un point de vue environnemental, il y a urgence à adopter les bons réflexes. « Lors d’une opération de ramassage en 2018, nous avons rempli en 15 jours environ 110 sacs de 120 litres de déchets, sur une portion de deux kilomètres à proximité d’une déchetterie, dénombre Stéphane Wiart. Même si on fait au mieux pour évacuer le maximum de déchets, certains passent entre les mailles du filet et sont dispersés par le vent ou broyés lors des opérations de fauchage. »  En terme de sécurité routière, l’enjeu est tout aussi crucial. « Je suis pompier volontaire, expose Philippe Sylvanielo. Je peux malheureusement témoigner des dégâts que peuvent occasionner des obstacles sur la route… Avoir « la flemme » d’attacher quelques sangles, ça peut avoir des conséquences dramatiques. »

« Les déchets que l’on peut trouver sur la route ou ses accotements représentent 60 % des interventions réalisées par les agents départementaux des routes. Le phénomène est un fléau pour l’environnement, sans compter qu’il génère de l’insécurité routière et perturbe la fluidité du trafic, notamment sur nos routes les plus fréquentées. Le phénomène, qui n’est pas seulement départemental mais national, augmente significativement en périodes de vacances et aux abord des déchetteries, alors qu’il pourrait être évité par des réflexes faciles à adopter ».
André Coënt, vice-président du Département délégué aux Infrastructures.

Les riverains exaspérés

La problématique, par ailleurs, engendre un coût humain et financier important pour la collectivité. « Une opération de ramassage, c’est minimum 7 agents mobilisés pendant plusieurs heures en bord de route**, sans compter le tri des déchets au retour, rappelle Stéphane Wiart. C’est du temps pendant lequel on ne peut pas réaliser nos missions premières : la signalisation des chantiers routiers, le fauchage et l’élagage, la pose et l’entretien des panneaux, etc... »

Le Département doit également, comme tout professionnel, payer le dépôt de ces déchets en déchetteries. Un budget important, d’autant plus alourdi que certains usagers ne s’encombrent d’aucun scrupule. « Il y a encore des gens qui jettent délibérément leurs emballages par la fenêtre ou qui font des dépôts sauvages sur les aires de covoiturage ou sur des accotements isolés », s’indigne Mickaël Geirnaert. Passibles de sanctions, ces incivilités exaspèrent également les riverains, qui tirent eux aussi la sonnette d’alarme. « Ici, on vit dans une belle région. On aime la nature, on nage, on pêche… Faire un petit effort, c’est éviter que tous ces plastiques ne finissent dans la mer », conclut Mickaël Geirnaert.

* sur les 1100 km de routes départementales gérées par l’antenne technique de Saint-Brieuc
** Pour le ramassage lui-même, mais aussi pour la signalisation et la sécurisation du chantier
André Coënt, vice-président du Département délégué aux Infrastructures et aux Mobilités douces et Lisa Thomas, conseillère départementale du canton de Pléneuf-Val-André et référente de la Maison du Département de Saint-Brieuc, aux côtés des agents et élus, lors de leur venue au Perray le 24 juin.
André Coënt, vice-président du Département délégué aux Infrastructures et aux Mobilités douces et Lisa Thomas, conseillère départementale du canton de Pléneuf-Val-André et référente de la Maison du Département de Saint-Brieuc, aux côtés des agents et élus, lors de leur venue au Perray le 24 juin.

 

Un obstacle sur la route ?

Contactez le 17

La gendarmerie est le meilleur interlocuteur pour signaler un obstacle dangereux sur la route. Elle saura rediriger l’information vers les services compétents, qui peuvent varier en fonction du lieu et de l’horaire de l’incident.

 

Déchets sur l’espace public : l’affaire de tous

En Côtes d’Armor, les bénévoles de l’association VivArmor Nature se mobilisent pour lutter contre la prolifération des déchets sur l’espace public. Le dernier jeudi de chaque mois, ils proposent une éco-rando accessible à tous, au départ de Langueux, dans le but de ramasser les déchets mais aussi de sensibiliser le public et les commerçants, notamment dans la zone commerciale où les enjeux sont forts. En parallèle, l’association encourage les particuliers à mettre en place leurs propres éco-randos, et propose un kit technique pour faciliter le déploiement de ce type d’initiatives, en toute sécurité.
Plus d’infos ici

Enjoliveurs, polystyrène, boîtes en plastique... On retrouve de tout aux abords des routes départementales...
Enjoliveurs, polystyrène, boîtes en plastique... On retrouve de tout aux abords des routes départementales...
MAG 187

Article issu du n°
187
de Côtes d’Armor magazine

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