Portraits d'agents

Guilaine Quéméner, maîtresse de maison

Publié le 27 février 2019
Guilaine Quéméner
Chaque matin au foyer Le Chêne, Guilaine Quéméner assure les repas pour une douzaine de personnes, jeunes et éducateurs compris.
Le Département, ce sont plusieurs milliers d’agents assurant des missions de service public auprès des Costarmoricains. Exemple avec le métier de maîtresse de maison en foyer éducatif. Guilaine Quéméner, en poste au foyer du Chêne à Quévert, témoigne de son quotidien, et de son rôle privilégié avec les jeunes.
Corps

Le Foyer du Chêne, à Quévert, c'est une vraie maison, qui ressemble à s'y méprendre à toutes les maisons. « Un cocon, qui est là pour protéger les enfants et de les mettre à l'abri », résume Guilaine Quéméner, 59 ans, maîtresse de maison dans cette structure depuis cinq ans. Ses fonctions se caractérisent par une grande polyvalence, et nécessitent avant tout un bon sens de l'organisation et de l'adaptation. Et pour cause, Guilaine est présente tous les jours, sans interruption, pour et auprès des dix jeunes, âgés de 4 à 18 ans, placés ici en urgence par décision de justice. « Mais souvent, ils y restent entre un an ou deux ans. Nous les remontons en quelque sorte, avant qu'ils soient placés en famille d'accueil ».

De la commande des produits locaux au partage du déjeuner

Corps

Sa journée type commence à 8h30 pour se terminer à 16h30. « Mes matinées sont consacrées à la préparation des repas du midi et du soir, que je confectionne pour 10 à 12 personnes en général, explique Guilaine, occupée en cuisine à épépiner des courges butternut. Ma mission est de les faire goûter à tout, nous mettons donc un soin particulier à l'élaboration des menus, prévus pour une semaine ».
De l'élaboration des menus à la confection des repas, en passant par le passage des commandes auprès des producteurs locaux et leur réception, le tout dans le respect strict des normes de sécurité et de traçabilité, Guilaine gère avec soin chaque maillon de la chaîne.
« Les repas sont des moments essentiels dans la vie des jeunes, leur donner un côté convivial est indispensable. Il arrive souvent qu'un jeune vienne voir ce que je prépare, ou se propose de m'aider. Nous nous adaptons, selon les cas ». Après le déjeuner, pris tous ensemble, jeunes, éducateurs, maîtresse de maison, apprentis-stagiaires, Guilaine s'attaque à l'entretien de la maison. 

Au-delà de ses missions de gestion de l'intendance,  Guilaine tient un rôle essentiel auprès des jeune, leur assurant  écoute et bonne humeur constantes.
Au-delà de ses missions de gestion de l'intendance,  Guilaine tient un rôle essentiel auprès des jeune, leur assurant  écoute et bonne humeur constantes.

« Un lien particulier avec les jeunes »

Son rôle ne s'arrête pas là. Présente, joyeuse, à l'écoute, Guilaine tient un rôle-clé dans la maison « Les enfants ou les ados me racontent leurs histoires de cœur, des bouts de leur vie, ils s'attachent », reconnaît la maîtresse de maison. « Guilaine n'est pas éducatrice, alors les jeunes tissent un lien particulier avec elle », abonde Jérôme Feurgard, éducateur dans la même structure. 
Si son métier lui plaît beaucoup, il peut arriver que des situations dérapent, compte tenu des fragilités potentielles des jeunes. « Nous fermons tout, tout le temps, pour que les jeunes n'aient pas accès aux produits d'entretien, aux couteaux de cuisine... C'est une habitude. Je pense qu'il vaut mieux avoir un vécu avant de faire ce métier ». Un métier qu'elle a choisi, après avoir exercé beaucoup d'autres dans le social, avec un petit tour vers le secrétariat ou la gérance d'un commerce.
Au delà, il peut lui arriver d'accompagner un jeune au lycée ou pour s'acheter un vêtement, de faire des jeux de société... « Je suis un peu l'âme de la maison, j'essaie d'agrémenter le quotidien, par l'achat de plantes, d'une nouvelle couette... » Autant de petites choses qui lui confèrent un rôle précieux, qui a, un temps, amené un groupe d'enfants à l'appeler Mamie, après qu'elle soit devenue grand-mère. « Je m'adapte, c'est vraiment la clé ! », lance t-elle avec une bonne humeur contagieuse.

Corps

Magazine n°168

Article issu du n°
168
de Côtes d’Armor magazine

Découvrir cette édition