Culture

Alexis Le Borgne : pas à pas, il tisse sa toile

Publié le 5 mars 2019
Alexis Le Borgne, dans sa maison à Plérin, qui lui tient lieu également d'atelier
Avec humilité, rigueur, et surtout avec un talent et une maîtrise technique qui impressionnent, Alexis Le Borgne peint comme il respire. Rencontre avec cet artiste originaire d'Ho Chi Minh, qui réussit le tour de force de vivre déjà de sa peinture, à seulement 23 ans.
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« Je sais que je serai toujours peintre, c’est inévitable », nous confie Alexis Le Borgne avec la douceur qui le caractérise. Le jeune artiste est ainsi, il affiche l’assurance tranquille de ceux qui tracent leur route avec détermination, sans forcer, avec sensibilité et discrétion. Une passion qui trouve ses racines dans l’enfance. « Je dessinais tous les jours, et on m’a toujours encouragé à persévérer ». À 15 ans, l’adolescent, alors élève au lycée Freyssinet à Saint-Brieuc, fait une rencontre déterminante, celle de
l’aquarelliste illustrateur Yann Lesacher. Un vrai déclic. « Je suis immédiatement tombé amoureux de la magie de l’aquarelle ». Bac ES en poche, il part à Nantes pour suivre une formation de design graphique, histoire de compléter ses compétences. Et désormais, à 23 ans, il peut se prévaloir de vivre de sa peinture, réalisant « quatre à cinq ventes de toiles par mois ».

4 à 6 heures de peinture par jour

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Des tableaux avec une nature souvent abondante, luxuriante, baignée d'ombre et de lumière. Peut-être une réminiscence du Vietnam, son pays d'origine, où il a été adopté alors qu'il avait trois ans. Guidé avant tout par la lumière, « qui révèle la poésie d'un lieu »,  l'artiste avoue une préférence « pour une peinture qui chuchote plus qu'elle ne crie, toute en clair-obscur ». Huile, pastels secs, acrylique ou aquarelle, peu lui importe le médium et le sujet, ce qu'il recherche, « c'est de saisir la beauté et l'émotion de l'instant ». Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa maîtrise technique force l'admiration. Ce talent, Alexis l'observe avec une vraie humilité, lui qui se plaît à citer Jacques Brel, qui disait que le talent, « c'est de la sueur, c'est de la transpiration, de la discipline ». Une discipline que le peintre s'impose au quotidien, se levant « assez tôt, vers 7h30-8h », et consacrant « environ entre quatre à six heures à la peinture ».

Photo : Thierry Jeandot

 

« Les réseaux sociaux plus que les galeries »

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Ses journées se terminent souvent sur sa palette graphique, qui lui sert désormais de cahier de brouillon avant de démarrer une peinture traditionnelle. Le reste du temps, le jeune homme le consacre principalement à sa communication, n'hésitant pas à passer des journées entières à tisser sa toile sur le Net. Il en est conscient, « aujourd'hui, les réseaux sociaux permettent de gagner rapidement en visibilité, davantage que les galeries ». Compétiteur dans l'âme, Alexis aime courir les concours, « stimulateurs de créativité », et également accélérateurs de notoriété. Vainqueur à plusieurs reprises de Couleurs de Bretagne les années précédentes, il a raflé en fin d'année dernière la Médaille d'or pour un concours national dans la catégorie « Pastel ». Cette année, il projette de partir en Bulgarie pour un autre concours, international cette fois-ci. L'avenir ? Notre artiste se verrait bien « continuer à voyager avec des copains dans les concours, et me faire connaître à l'international, comme en Russie, en Chine ou en Suisse, où le marché de la peinture est plus florissant. J'aime être sur tous les fronts ». 

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Magazine n°168

Article issu du n°
168
de Côtes d’Armor magazine

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