Interview

Samantha Puel, pompière volontaire

Publié le 2 juillet 2021
Pour Samantha Puel, sapeuse-pompière volontaire depuis 2005, "Porter secours, aider… ça a été un vrai déclic."
Pour Samantha Puel, sapeuse-pompière volontaire depuis 2005, "Porter secours, aider… ça a été un vrai déclic."
Samantha Puel a 32 ans et elle est la maman de deux filles. Elle est aussi animatrice dans un centre de loisirs et volontaire au Centre d'incendie et de secours (CIS) d'Erquy. Tout comme son conjoint. Dans la famille, le volontariat n'est pas seulement un puissant engagement. C'est aussi un choix de vie.
Corps

Comment êtes-vous devenue sapeuse-pompière volontaire ?
Dans ma famille, il n'y a aucun pompier ! Nous habitions juste devant le Centre d'incendie et de secours (CIS). Je les voyais sortir en intervention et rentrer… Un jour, j'ai lu dans la presse que le Sdis 22 recherchait des jeunes. Je me suis présentée en 2003, et j'ai intégré le corps des Jeunes sapeurs-pompiers (JSP) jusqu'en 2005, puis je suis devenue volontaire. Porter secours, aider… ça a été un vrai déclic. C'est devenu une passion !

Vous êtes aussi maman de deux filles de 4 et 6 ans, et animatrice dans un centre de loisirs. Comment articulez-vous vie professionnelle, vie familiale et engagement chez les pompiers ?
Pour articuler les trois, il faut une organisation au cordeau, et beaucoup d'anticipation. Mais nous avons la chance d'avoir l'aide des grands-parents des deux côtés, qui vivent à proximité. Mon mari est également SPV – de père en fils dans sa famille ! C'est aussi mon chef, car il est plus gradé que moi. Bon, à la maison, c'est différent [rire malicieux]. Nous nous sommes rencontrés ici, au centre, en 2007. Tous les deux, nous avons à coeur de ne pas mélanger notre vie familiale et nos missions aux CIS. Avec mes 35 collègues volontaires – dont neuf femmes – nous avons un large secteur d'intervention, Erquy, La Bouillie, les Sables-d'Or, Plurien et Fréhel. Lorsque je suis de garde, je préviens mes filles que le bip peut sonner à tout moment. La plus petite s'intéresse beaucoup à ce que je fais. Elle sera peut-être dans la future génération de volontaires !

Reprendre le collier après vos grossesses a-t-il été difficile ?
Ce qui a été vraiment difficile, c'est d'être privée de missions ! Nous sommes arrêtées au 3e mois de la grossesse, et on ne peut reprendre que 4 ou 5 mois après l'accouchement. Je me languissais ! Cela m'a semblé long… Les pompiers, c'est comme une famille, c'est ma bouffée d'oxygène. Dans notre caserne, il y a une super ambiance, qui m'a beaucoup manquée ! Mes collègues du centre de loisirs sont étonnées du temps que je passe à la caserne. C'est ma drogue !

Que pense votre entourage de votre engagement ?
Mes parents et mes frères et sœurs sont fiers de moi. En revanche, nos amis sont moins enthousiastes, quand on décline leurs invitations du week-end pour partager des moments festifs. "Je ne peux pas, je suis d'astreinte" agace un peu je pense. C'est vrai, la famille en pâtit un peu. En revanche, lorsque je suis avec elle, j'y suis à 100 %. On fait beaucoup de choses ensemble.

Avez-vous en mémoire une intervention particulière ?
Oh oui… Un accident de voiture le jour de Noël, avec un couple et un enfant de 15 mois, qui se rendaient dans leur famille. La maman est décédée. La voiture était pleine de cadeaux. A chaque Noël, j'y pense...

Aujourd'hui, vous êtes caporale-cheffe, donc cheffe de binôme, et monitrice de secourisme. Ambitionnez-vous d'aller plus loin ?
Jusqu'à 65 ans ! [elle éclate de rire]. Mon beau-père est resté SPV jusqu'à 64 ans. Plaisanterie à part, j'ai fait ma demande pour être cheffe d'agrès d'un engin comportant une équipe, au grade de sergente, l'an prochain. Je sais que les femmes hésitent à reprendre le volontariat après une naissance. Pourtant, une femme peut être SPV sur le long terme, c'est important à souligner je crois !

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