Le Département

Recettes et investissements à la hausse

Publié le 29 novembre 2021
Christian Coail
La deuxième session d’ajustements budgétaires s’est tenue le 27 novembre dernier. Au programme notamment : la présentation de la situation budgétaire du Département, et la gestion écologique des 8 000 km d’accotements des routes départementales.
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« Le contexte est délicat sur les plans économique et social, indique le président Christian Coail, en introduction de la session. Certes, le chômage est au plus bas. Mais l’inflation fait son retour, impactant surtout les classes populaires, via notamment les factures d’énergie. On ne peut pas vraiment dire que la solution proposée par le gouvernement soit à la hauteur de l’enjeu. Par ailleurs, cette inflation s’observe aussi dans le domaine des travaux publics et ne manque pas d’impacter les collectivités, ce qui ne manquera pas de réduire aussi nos marges de manœuvre. Les stigmates de la crise sanitaire sont toujours aussi prégnants et les conséquences des deux confinements se font toujours sentir. Je pense notamment à la santé psychique d’une partie de la population, mais aussi à l’enjeu des violences intrafamiliales. Le Département est concerné puisque cela concerne plusieurs de ses politiques publiques, notamment la protection de l’enfance ».

Protection de l’enfance : il y a urgence du côté de l’État

« La protection de l’enfance n’apparaît pas comme une priorité politique au sein du gouvernement, et j’ai peur que la campagne présidentielle, qui sert de baromètre politique à notre pays, l’ignore, alors qu’il y a une urgence vitale à agir et à entamer un effort au niveau de l’État, poursuit Christian Coail. Dans ce domaine, le Département a un rôle plus stratégique que jamais mais, et c’est là le paradoxe, il ne dispose pas des moyens suffisants pour sa mission. C’est vrai pour l’aide sociale à l’enfance, mais aussi sur le sujet du maintien à domicile. Nous attendons ainsi désespérément une loi grand âge qui ne vient pas. Plus globalement, le Département bénéficie de recettes fiscales liées à la conjoncture, alors qu’il doit faire face à des dépenses en constante augmentation. Le contexte est, enfin, délicat sur le plan environnemental. La Cop 26 vient de la rappeler. Nous pouvons agir à notre échelle, avec l’espoir que cela servira d’exemple. Donner des leçons aux autres, comme l’a fait Emmanuel Macron à Glasgow, n’est pas efficace. A nous, collectivité, d’impulser une vraie dynamique pour amener l’État à passer la vitesse supérieure en matière de transition écologique. Il y a urgence ! »

« Des recettes en hausse, mais fragiles »

Cette session a été l’occasion pour Vincent Alleno, vice-président délégué aux Finances, de présenter les derniers ajustements budgétaires. « Nous enregistrons une forte hausse des recettes de DMTO (taxe perçue par le Département sur les transactions immobilières), annonce le vice-président : + 20 M€, ce qui porte ces recettes à 110 M€, mais il nous faut prendre en compte pour l’avenir que le marché immobilier peut être très volatil. De plus, on observe toujours une diminution des dotations de l’État. Pour autant, ces recettes supplémentaires nous permettent de réduire de 19 M€ le recours à l’emprunt et d’avoir une épargne nette de 22,4 M€. De plus, nous enregistrons une hausse des dépenses de fonctionnement, notamment dans le secteur de la protection de l’enfance avec une augmentation de 3,2 M€. Par ailleurs, nous renforçons notre politique d’investissements : + 9,21 M€ en faveur du numérique et + 1,2 ME pour les collèges. »

« Une gestion durable des accotements routiers »

En matière d’environnement, André Coënt, vice-président délégué aux Infrastructures et aux Mobilités douces, a présenté un rapport sur sur la gestion durable des dépendances routières vertes et bleues. Ces dépendances sont constituées par les 8 000 km d’accotements des routes départementales : vertes pour la végétation qui s’y développe ; bleues pour l’eau qui s’y écoule. « Ces dépendances abritent une flore et une faune très riches qui, si nous voulons les préserver, nécessitent une attention toute particulière dans leur entretien, indique André Coënt. Ainsi, depuis 2014, les agents des routes pratiquent le fauchage tardif des accotements, avec la réduction à deux passes par an, permettant d’une part la réduction des émissions de CO2, mais aussi la préservation des espaces herbacés, lieux de refuge d’une riche biodiversité. Nous allons aujourd’hui plus loin avec le fauchage alterné dit ‘en damier’, et un curage plus ‘doux’ des fossés. Le principe du fauchage en damier est de traiter alternativement des zones de 100 m, puis de laisser un secteur de 100 m ‘vivre sa vie’ le temps d’une saison, et inversement l’année suivante. Les premières expérimentations, menées dans le secteur de Dinan avec l’association Cœur, se sont avérées très concluantes. Nous allons généraliser ces pratiques sur l’ensemble du Département »

 

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